Le Musée

Le Musée


Le Musée Bernard Buffet a été fondé le 25 novembre 1973 par Kiichiro OKANO (1917-1995). La mission qu’il s’est donnée est de conserver et d’exposer des œuvres de Bernard Buffet, peintre français représentatif de la nouvelle peinture figurative d’après-guerre. Il rassemble, avec plus de 2000 œuvres (peintures, aquarelles, dessins, gravures, livres illustrés, affiches, etc.), la plus grande collection du peintre au monde.

C’est dans la première moitié des années 1950, dans un monde encore dévasté par la Seconde Guerre mondiale, que Kiichiro OKANO découvre l’œuvre de Buffet. Profondément marqué par la manière dont Buffet exprime le vide et le malaise de l’après-guerre, Okano entreprend de collectionner des œuvres représentatives de chaque période de l’artiste. Pour conserver les œuvres de ce précieux témoin du XXe siècle, il décide de fonder un musée près de son pays natal, espérant ainsi « faire fleurir la culture sur cette terre à travers le talent d’un génie ».

« Je me souviens d’être resté ému et stupéfait devant ses peintures. Je venais d’être démobilisé après plusieurs années de guerre. La forme, les traits uniques et tranchants, les couleurs sombres à dominante blanche et noire. Cette acuité. Profondeur de sa tristesse. Vacuité sèche. Le silence rouillé et la poésie règnent. J’y ai vu une dénonciation et un défi lancé à la société française délabrée de l’après-guerre. Ses peintures ont percé d’un rayon le néant et l’inertie de la défaite qui pesaient sur l’ensemble de notre jeunesse. La France, dont le territoire avait été à plusieurs reprises un champ de bataille, qui avait subi l’occupation, dont les habitants s'étaient entretués. Il s’imposa à moi que les atrocités de la Deuxième Guerre mondiale avaient fait naître un peintre de génie, si jeune, avec une sensibilité et une capacité d’expression telles qu’elles eussent éclairé de son aurore la mélancolie qui gisait dans mon cœur. Depuis, je suis devenu captif de Buffet. Pour moi qui ne crois en aucune religion, seuls ses tableaux m’ont donné une lueur et un chemin. Tel fut le début de ma fervente admiration pour Buffet. »

Kiichiro OKANO, « Buffet et moi», avril 1978